Apprendre la grammaire coréenne : quelques conseils

La langue coréenne connaît actuellement un engouement qui est en grande partie le résultat de la « vague culturelle » (hallyu -한류) qui déferle sur le monde. Or, pour tout francophone, apprendre le coréen dans sa langue maternelle n’est pas chose aisée, car la plupart des méthodes sont en anglais ; il n’est jamais souhaitable de devoir passer par une langue tierce pour en apprendre une autre, car les risques d’approximation se multiplient.

Il existe de fait trois ou quatre grammaires en français. Écrite en 1881 par un religieux français, Felix-Clair Ridel, la première d’entre elles semble même être la première grammaire de coréen en langue occidentale. Un manuscrit original retrouvé dans une collection privée a été mis en vente aux enchères en Corée au mois d’avril 2015 pour la somme de 25 000 euros. Cette grammaire est remarquable, non seulement sur le plan historique, mais également historiographique. Elle nous apprend beaucoup de notions sur la société coréenne de la fin du XIXème siècle, et permet de réaliser à quel point cette langue a évolué (bien plus que le français), heureusement dans le sens de la simplification.


Mais son approche est différente des méthodes d’apprentissage actuelles, pour deux raisons essentielles :

-    elle est assez « ethnocentrée », au sens où l’auteur s’est appuyé sur la grammaire française pour essayer d’expliquer comment exprimer l’équivalent en coréen, plutôt que le contraire (qui correspond à une approche plus moderne, calquée sur le phénomène d’apprentissage naturel) ;

-    elle est influencée par le latinisme des religieux de l’époque (par exemple, l’auteur estime que le coréen est une langue à déclinaison, alors qu’elle est plutôt agglutinante).

Deux autres grammaires ont été publiées depuis : celle de René Dupont et Joseph Millot (1929, encore disponible aux éditions l’Harmatan) et celle de Jin-Mieung Li (1993, éditions Pour l’Analyse du Folklore). Cette dernière est probablement la plus complète à ce jour (près de 800 pages), mais elle a été rédigée avant les réformes de l’enseignement de la grammaire en France dans les années 2000. 

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