Principales caractéristiques de la grammaire coréenne

Nous avons une bonne et une mauvaise nouvelle à annoncer !

 1- La bonne nouvelle : relative simplicité de la grammaire coréenne

a) A l’instar de sa consœur japonaise, la grammaire coréenne est à la fois relativement simple… et compliquée à la fois ! Il suffit de consulter une copie du sommaire d’une des grammaires en anglais sur le marché : ne donne-t-elle pas l’impression d’un ouvrage de de physique/chimie avec des formules mathématiques ?

Avant même d’aborder la grammaire en tant que telle, on signalera que l’alphabet (hangul, 한글) est … un véritable alphabet ! de consonnes, voyelles et diphtongues, ce qui évite d’avoir à mémoriser les centaines voire des milliers d’idéogrammes chinois. Les japonais ont également inventé leurs alphabets simplifiés (les hiragana et les katakana), mais se sont arrêtés en cours de route pour mélanger les deux systèmes, traditionnel et contemporain, sans aller jusqu’au bout de leur logique...

Créé de toute pièce et officialisé en 1446 par le roi Séjong pour rendre l’information officielle plus accessible au public, le hangul est le seul alphabet dont la théorie peut être expliquée. C’est un création intellectuelle remarquable qui a, à l’époque, soulevé une farouche opposition de la classe la plus élevée (양반) parce qu’elle remettait en cause un système apparemment méritocratique, mais en réalité basé sur l’origine sociale (qui d’autre que les gens fortunés pouvaient apprendre les hanja chinois ?). On disait en effet qu’il était possible d’apprendre à lire et à écrire en hangul en moins d’une demi-journée et c’est exact. Tant et si bien que les successeurs de Séjong ont interdit son usage. Mais le « vers était déjà dans la pomme » et comme les hiragana et les katakana au Japon, cet alphabet est devenu populaire dans les classes moyennes et chez les femmes. Finalement, après une phase de léthargie qui n’était qu’officielle, la réhabilitation fut effectuée en 1894 et au début du XXème siècle, les premiers journaux entièrement en hangul ont été publiés.

Le hangul est donc l’un des rares alphabets au monde qui a été inventé de toute pièce et conceptualisé dans la formation de ses lettres. Bien que le nombre de lettres (40 actuellement) soit plus nombreux qu’en alphabet latin, le système de prononciation est plus simple qu’en français, et se rapproche du fonctionnement allemand : sauf quelques rares exceptions, tout ce qui est écrit se prononce et tout ce qui se prononce s’écrit.

b) Contrairement au français, la grammaire elle-même comporte assez peu de règles, des exceptions limitées et bien identifiées dans les notifications du ministère de l’éducation nationale n°88-1 et 88-2 entrées en vigueur le 1er mars 1989 ; si bien que la plupart des méthodes de grammaires comportent en fait une grande partie de ce que nous considérons en français comme étant plutôt des constructions idiomatiques.

L’autre « bonne nouvelle » est qu’il n’existe pas vraiment de nombre et encore moins de genre en coréen, donc pas d’accord d’adjectifs ou de verbes. Le nombre de temps est beaucoup plus réduit qu’en français (4 contre 14). Le coréen n’est pas basé sur un système de déclinaisons mais est une langue « agglutinante », c’est-à-dire que des terminaisons (post-positions) indiquent la fonction du mot dans la phrase. C’est assez pratique, et en général, la fonction des mots dans la phrase correspond assez bien au français (sujet, complément d’objet direct ou indirect, complément de nom, complément d’attribution, etc.). Ainsi, les verbes transitifs et intransitifs sont peu ou prou les mêmes dans les deux langues.

Cette manière de présenter les choses est volontairement un peu optimiste, mais nous ne voulons pas vous décourager. En tout cas, pour avoir une vision plus complète des choses, nous vous invitons à consulter le blog de Valeuf.

2- La mauvaise nouvelle : la complexité lexicale du coréen

Le vocabulaire est, hélas, naturellement difficile pour un francophone, car il ne s’agit pas d’une langue latine. Si beaucoup de mots sont en fait dérivés de l’anglais, il n’en reste pas moins que pour parler le coréen, il faut apprendre par cœur des milliers de mots parmi les 250 000 existant.

Comme si cela ne suffisait pas, il existe un peu le même système qu’en français, dont les mots sont généralement d’origine soit latine, soit grecque : en coréen, il existe souvent des mots synonymes d’origine purement coréenne (25%) et d’autres d’origine chinoise (70%), le reste étant composé de mots d’origine étrangère. Si le coréen est une langue à part entière dont l’origine n’est ni japonaise ni chinoise (même si cette dernière a eu une influence importante), - le grammairien Felix-Clair Ridel la classe dans la catégorie des langues tatares - le pays a subit l’influence culturelle et intellectuelle (et même militaire pendant les colonisations mongole et japonaise) de ses voisins.

Créé avec Mozello - la façon la plus simple de créer un site Web.

 .